GILETS JAUNES : LA COLÈRE REMONTE ET LES PREMIERS RENDEZ-VOUS SE PRÉCISENT

ALORS QUE LES PRIX DES CARBURANTS CONTINUENT DE FLAMBER, DE NOUVEAUX APPELS À LA MOBILISATION CIRCULENT DEPUIS PLUSIEURS JOURS. CE JEUDI 10 SEPTEMBRE, UN PREMIER RENDEZ-VOUS DES GILETS JAUNES SE PRÉCISE À PARIS. D’AUTRES DATES COMMENCENT À CIRCULER POUR LA FIN SEPTEMBRE ET LE MOIS D’OCTOBRE.

Et si la colère des automobilistes redevenait un sujet politique majeur ?

Depuis plusieurs jours, le symbole du gilet jaune recommence à apparaître dans les appels diffusés sur les réseaux sociaux. Le contexte est particulièrement sensible : les prix des carburants atteignent de nouveaux sommets et le pouvoir d’achat des ménages est une nouvelle fois au cœur des inquiétudes.

Mais contrairement à 2018, le mouvement n’en est encore qu’à ses prémices.

LE CARBURANT, À NOUVEAU AU CŒUR DE LA COLÈRE

Ce jeudi 10 septembre, les prix restent particulièrement élevés dans les stations-service françaises.

Le gazole se situe autour de 2,30 € le litre, tandis que le SP95-E10 tourne autour de 2,12 € en moyenne nationale.

Ces niveaux sont particulièrement importants pour les millions de Français qui utilisent quotidiennement leur voiture pour travailler.

En quelques mois, la facture a fortement augmenté. Le SP95-E10 a progressé d’environ 40 centimes depuis la fin février, tandis que le gazole a augmenté d’environ 56 centimes sur la même période.

Une situation qui rappelle forcément les débuts du mouvement des Gilets jaunes.

LE GOUVERNEMENT SOUS PRESSION

Face à cette nouvelle flambée, certaines mesures d’aide ciblées ont été prolongées pour les secteurs les plus touchés.

Les agriculteurs bénéficient notamment d’une aide à la pompe de 15 centimes par litre, reconduite en septembre et octobre.

Mais aucune nouvelle aide générale destinée à l’ensemble des automobilistes n’est actuellement prévue.

À Bercy, la situation budgétaire est notamment avancée pour expliquer cette position, alors que les prix à la pompe continuent de progresser.

Pour certains Français, cette absence de mesure supplémentaire pourrait contribuer à alimenter la colère.

UN PREMIER RENDEZ-VOUS CE SAMEDI À PARIS

Le premier rendez-vous clairement identifié intervient ce samedi 12 septembre 2026 à Paris.

Le collectif Unité Gilets Jaunes annonce une manifestation au départ de la place Jussieu, dans le 5e arrondissement.

Les prises de parole doivent débuter à 14h15, avant un départ annoncé à 15h.

Les revendications dépassent largement la seule question du carburant.

Les organisateurs demandent notamment un audit des finances publiques, un Grenelle de la fiscalité, davantage de démocratie directe avec le RIC ainsi qu’une revalorisation des salaires et des retraites.

Ce rendez-vous sera donc particulièrement observé.

LE 26 SEPTEMBRE : ATTENTION AUX CONFUSIONS

Une autre date circule largement : le samedi 26 septembre.

Mais il faut faire une distinction importante.

Cette journée correspond notamment à une mobilisation autour du climat, de la paix et des solidarités. Elle figure dans plusieurs calendriers de mobilisation, mais ne peut pas être présentée, à ce stade, comme une nouvelle journée nationale officiellement organisée par les Gilets jaunes.

Des militants ou sympathisants issus de différentes mouvances sociales peuvent évidemment s’y retrouver, mais les différentes mobilisations ne doivent pas être confondues.

ET LE 17 OCTOBRE ?

La date du 17 octobre est également de plus en plus relayée dans les appels diffusés sur les réseaux sociaux.

Pour l’instant, contrairement au rendez-vous parisien du 12 septembre, il faut toutefois rester prudent sur son ampleur et son organisation.

Aucune structure nationale unique des Gilets jaunes ne semble aujourd’hui en mesure d’imposer un calendrier comparable à celui du mouvement de 2018.

Le véritable enjeu sera donc la capacité des différents collectifs à se coordonner.

« JAMAIS COMME EN 2018 » ?

La comparaison avec 2018 est inévitable.

À l’époque, plus de 280 000 personnes avaient participé à la première journée nationale du mouvement selon le ministère de l’Intérieur.

Mais plusieurs anciens Gilets jaunes estiment aujourd’hui qu’une mobilisation identique serait difficile à reproduire.

Jérémy Clément, ancienne figure du mouvement, estimait encore cette semaine que beaucoup de personnes n’ont plus les moyens matériels, physiques ou professionnels de participer à des manifestations.

Le contexte politique est également différent.

En 2018, la colère visait directement la hausse annoncée des taxes sur les carburants. Aujourd’hui, l’envolée des prix est largement liée aux tensions internationales et aux conséquences du conflit au Moyen-Orient, ce qui rend la situation différente.

LE VÉRITABLE TEST AURA LIEU DANS LA RUE

Pour l’instant, impossible donc d’affirmer que les Gilets jaunes sont officiellement de retour.

Mais un phénomène est bel et bien observable : le thème du carburant recommence à provoquer de la colère et le symbole du gilet jaune revient dans les appels à la mobilisation.

Le rendez-vous du 12 septembre à Paris constituera un premier indicateur.

Si la mobilisation prend de l’ampleur et que d’autres rassemblements apparaissent dans les régions, les appels des dernières heures pourraient rapidement se transformer en véritable mouvement social.

Dans le cas contraire, la contestation pourrait rester dispersée entre plusieurs collectifs et plusieurs dates.

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