
La colère monte chez les buralistes. Depuis ce lundi 7 septembre et jusqu’au vendredi 11 septembre, la profession se mobilise partout en France pour réclamer un gel de la fiscalité sur le tabac et la fin de l’indexation automatique des prix sur l’inflation.
UNE SEMAINE DE MOBILISATION NATIONALE
La Confédération des buralistes, qui représente environ 22 500 professionnels, organise plusieurs rassemblements à travers le pays. La mobilisation a débuté ce lundi à Muret, en Haute-Garonne, et à Redon, en Ille-et-Vilaine.
Le mouvement se poursuivra mardi à Givors, dans le Rhône, et à Saverne, dans le Bas-Rhin, puis mercredi à Salon-de-Provence, dans les Bouches-du-Rhône. Le principal rassemblement est prévu vendredi 11 septembre à Vernon, dans l’Eure.
LES BURALISTES CRAIGNENT UNE NOUVELLE HAUSSE DES PRIX
Au cœur de leur colère : l’augmentation automatique du prix du tabac liée à l’inflation. Sans changement de politique, les professionnels redoutent une nouvelle hausse au 1er janvier 2027.
À Muret, certains buralistes craignent notamment que le paquet de cigarettes atteigne 14,50 euros, contre environ 13,50 euros actuellement pour certains produits. Ils demandent donc un moratoire sur les hausses et la suppression de l’indexation des prix sur l’inflation.
LE MARCHÉ PARALLÈLE AU CŒUR DES INQUIÉTUDES
Pour les buralistes, la hausse continue des prix creuse l’écart avec les pays voisins et encourage les achats de cigarettes dans les réseaux clandestins ou à l’étranger.
La profession estime que la baisse des ventes dans le réseau officiel ne signifie pas nécessairement une diminution équivalente de la consommation. Entre juillet 2025 et juillet 2026, les ventes officielles de cigarettes, de tabac à rouler et de cigares-cigarillos ont reculé de 4,6 à 5,2 %, selon les chiffres cités par TF1 Info.
Les buralistes dénoncent ainsi un cercle vicieux : prix plus élevés, baisse de fréquentation des commerces, développement du marché parallèle et fragilisation du réseau.
UN RÉSEAU QUI S’EST FORTEMENT RÉDUIT
La profession alerte également sur la disparition progressive des bureaux de tabac, particulièrement dans les zones rurales. Selon la fédération des buralistes d’Occitanie, le réseau est passé d’environ 34 000 établissements en 2000 à 22 500 aujourd’hui.
Pour les professionnels, la disparition d’un bureau de tabac peut également entraîner celle d’un commerce de proximité proposant d’autres services à la population.
LE DÉBAT ARRIVE AU MOMENT DU BUDGET
Cette mobilisation intervient alors que les débats budgétaires doivent prochainement s’ouvrir. Les buralistes veulent donc faire pression sur les pouvoirs publics afin que la fiscalité du tabac soit revue.
Leur demande est claire : geler les taxes et mettre fin à l’indexation automatique des prix sur l’inflation, qu’ils considèrent comme une hausse programmée année après année.
La mobilisation pourrait donc constituer l’un des premiers dossiers sensibles de la rentrée pour le gouvernement, alors que la fiscalité du tabac reste également un enjeu majeur de santé publique.
