GRÈVE DES POMPIERS : 280 RECRUTEMENTS RÉCLAMÉS DANS LE PAS-DE-CALAIS, CALAIS ET BOULOGNE-SUR-MER AU CŒUR DES REVENDICATIONS

Les sapeurs-pompiers du Pas-de-Calais se mobilisent dans le cadre du mouvement national de grève. À Calais comme à Boulogne-sur-Mer, les syndicats dénoncent une hausse des interventions, des effectifs professionnels jugés insuffisants et une sollicitation toujours plus importante des sapeurs-pompiers volontaires.

La mobilisation des sapeurs-pompiers repose sur plusieurs revendications. Les personnels réclament notamment davantage de moyens pour les Services départementaux d’incendie et de secours (SDIS), des recrutements supplémentaires de professionnels ainsi qu’une meilleure prise en compte des risques sanitaires auxquels ils sont exposés au quotidien.

Dans le Pas-de-Calais, la question des effectifs occupe une place centrale. Alors qu’un plan prévoit déjà le recrutement de 90 sapeurs-pompiers professionnels sur trois ans, le syndicat SUD-SDIS 62 estime que cet effort reste insuffisant face aux besoins du département.

L’organisation réclame ainsi 280 recrutements de sapeurs-pompiers professionnels. Selon le syndicat, ces renforts permettraient notamment de respecter plus facilement les effectifs minimums de garde prévus par la réglementation et de limiter la dépendance aux sapeurs-pompiers volontaires.

CALAIS ET BOULOGNE-SUR-MER PARTICULIÈREMENT CONCERNÉS

Les centres de secours de Calais et de Boulogne-sur-Mer sont directement concernés par cette problématique d’effectifs comme l’explique RADIO6. Le syndicat estime que, dans plusieurs centres du département, les effectifs minimums nécessaires au fonctionnement des gardes ne peuvent pas toujours être atteints sans faire appel aux volontaires.

Cette situation entraînerait une forte sollicitation de certains sapeurs-pompiers volontaires. Certains pourraient effectuer jusqu’à 1 600, 2 000, voire plus de 2 000 heures de garde par an. Pour SUD-SDIS 62, cette situation traduit une dépendance trop importante au volontariat pour assurer le fonctionnement quotidien des centres de secours.

UN ÉTÉ QUI A MIS LES EFFECTIFS SOUS PRESSION

Les incendies importants survenus durant l’été ont également ravivé les inquiétudes concernant les capacités opérationnelles du département.

Les feux de Neufchâtel-Hardelot et de Dannes, notamment, ont nécessité l’engagement de nombreux moyens. Des sapeurs-pompiers qui étaient en congés auraient dû être rappelés, tandis que des volontaires et des personnels habituellement présents dans les casernes ont été mobilisés sur les différents sinistres.

Pour le syndicat, ces épisodes ont montré les limites du dispositif actuel. La crainte est notamment de voir apparaître une situation dans laquelle les ressources disponibles ne permettraient plus de répondre simultanément à plusieurs événements importants.

LA SANTÉ DES POMPIERS AU CŒUR DE LA MOBILISATION

La mobilisation ne concerne pas uniquement les effectifs.

Les syndicats souhaitent également une meilleure reconnaissance des risques auxquels les sapeurs-pompiers sont exposés au cours de leur carrière. L’exposition répétée aux fumées et à différentes substances dangereuses lors des interventions fait notamment partie des préoccupations mises en avant.

SUD-SDIS 62 demande une meilleure reconnaissance des cancers susceptibles d’être liés à l’activité professionnelle des sapeurs-pompiers et souhaite que leur métier soit officiellement reconnu comme un métier à risque.

Une telle reconnaissance pourrait avoir des conséquences sur les conditions de travail, les primes mais également les conditions de départ à la retraite.

Les syndicats soulignent par ailleurs l’apparition de nouveaux risques liés aux évolutions technologiques, notamment lors d’interventions impliquant des véhicules électriques, des panneaux photovoltaïques ou encore l’hydrogène.

LES SECOURS CONTINUERONT D’ÊTRE ASSURÉS

Malgré la mobilisation, les habitants de Calais, de Boulogne-sur-Mer et du reste du Pas-de-Calais ne devraient pas subir de conséquence sur la prise en charge des urgences.

Les sapeurs-pompiers grévistes peuvent être réquisitionnés afin de garantir la continuité du service public. Les interventions et les départs des secours doivent donc continuer à être assurés normalement.

La mobilisation pourra toutefois être visible dans les casernes et sur les véhicules des sapeurs-pompiers, notamment à travers différentes actions syndicales.

DES MANIFESTATIONS PRÉVUES À PARIS

Le mouvement doit également donner lieu à plusieurs actions nationales. Des manifestations sont notamment prévues les 28 et 29 septembre à Paris.

Dans le Pas-de-Calais, SUD-SDIS 62 indique vouloir maintenir la mobilisation sans perturber les événements organisés dans le département. Le syndicat prévoit notamment de ne pas mener d’action lors de la journée consacrée à la sécurité routière à Arras.

Pour les sapeurs-pompiers mobilisés, l’objectif est désormais de faire pression pour obtenir davantage de recrutements, des moyens supplémentaires et une meilleure reconnaissance des risques liés à leur profession.

À Calais comme à Boulogne-sur-Mer, cette mobilisation met ainsi en lumière une même inquiétude : faire face à des interventions toujours plus nombreuses avec des effectifs professionnels qui, selon les syndicats, ne progressent pas suffisamment.

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