
L’intersyndicale des sapeurs-pompiers professionnels durcit le ton. Après un été marqué par des incendies d’une ampleur exceptionnelle, les neuf organisations syndicales représentatives annoncent un nouveau préavis de grève couvrant la période du 8 septembre au 20 octobre 2026.
La colère monte chez les soldats du feu. Après plusieurs mois de tensions autour des effectifs, du financement des services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) et de la dégradation des conditions de travail, l’intersyndicale entend maintenir la pression sur le gouvernement à la rentrée.
Cette mobilisation intervient quelques semaines après une première journée nationale de grève organisée le 13 août, au cours de laquelle les syndicats avaient déjà dénoncé le manque de moyens et demandé des réponses urgentes de l’État.
DES POMPIERS « À BOUT »
Les neuf syndicats représentatifs des personnels des services d’incendie et de secours estiment que le système est désormais arrivé à saturation.
Ils dénoncent notamment des effectifs insuffisants, des moyens matériels qui ne suivent pas et des équipements vieillissants, alors que les interventions et les risques auxquels les secours sont confrontés continuent d’augmenter.
La situation a été particulièrement tendue durant l’été 2026, marqué par des incendies majeurs dans plusieurs régions françaises. Les syndicats considèrent que cette saison a mis en évidence les limites actuelles du dispositif de sécurité civile.
DES RECRUTEMENTS MASSIFS RÉCLAMÉS
Parmi les principales revendications figure une hausse importante des effectifs de sapeurs-pompiers professionnels.
L’intersyndicale réclame notamment des recrutements massifs de professionnels, mais également d’agents techniques et administratifs afin de permettre aux SDIS de faire face à l’augmentation des sollicitations.
Au 31 décembre 2025, la France comptait 44 303 sapeurs-pompiers professionnels et plus de 200 000 sapeurs-pompiers volontaires, selon les statistiques du ministère de l’Intérieur.
CINQ GRANDES REVENDICATIONS
Les syndicats portent notamment plusieurs revendications :
- UNE NOUVELLE LOI DE MODERNISATION DE LA SÉCURITÉ CIVILE ;
- DES RECRUTEMENTS MASSIFS de sapeurs-pompiers professionnels et de personnels techniques et administratifs ;
- UN BUDGET PERMETTANT DE MIEUX PROTÉGER LA SANTÉ ET LA SÉCURITÉ DES AGENTS ;
- L’OUVERTURE DE NÉGOCIATIONS SUR LES CONDITIONS D’EXERCICE DU MÉTIER ;
- UNE ÉVOLUTION DU FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ CIVILE ET DES SDIS.
LE GOUVERNEMENT PROMET UNE NOUVELLE LOI
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a rencontré les représentants des neuf organisations syndicales le 13 août.
À l’issue de cette réunion, les syndicats se sont déclarés « très déçus », estimant ne pas avoir obtenu les réponses concrètes qu’ils réclamaient.
Le ministre a néanmoins annoncé que le projet de loi de modernisation de la Sécurité civile serait présenté le 8 septembre. Les discussions sur le financement des SDIS doivent également se poursuivre.
UNE FORTE MOBILISATION ATTENDUE À PARIS
La rentrée pourrait donc être particulièrement tendue.
Les syndicats ont annoncé plusieurs rendez-vous de mobilisation à Paris à la fin du mois de septembre, avec notamment une importante journée d’action le 29 septembre.
La période annoncée du 8 septembre au 20 octobre pourrait ainsi placer la question des moyens des sapeurs-pompiers au cœur de l’actualité sociale de la rentrée.
Après un été où les soldats du feu ont été particulièrement sollicités, le bras de fer avec le gouvernement est désormais clairement engagé.
