
Le tribunal a condamné ce lundi le locataire de 47 ans à quatre ans d’emprisonnement, dont deux ans avec sursis probatoire, après l’incendie qui avait ravagé plusieurs niveaux d’un immeuble de la rue Henri-Martin, à Boulogne-sur-Mer, le 3 août dernier.
Le 3 août, un violent incendie s’était déclaré au premier étage d’un immeuble situé rue Henri-Martin, à Boulogne-sur-Mer. Les flammes avaient entièrement détruit les premier et deuxième étages, contraignant certains habitants à être relogés.
Grâce à l’intervention de deux passants et de plusieurs voisins, qui avaient rapidement donné l’alerte et contribué à faire sortir les occupants, puis à celle des sapeurs-pompiers, le sinistre avait pu être maîtrisé malgré des conditions d’intervention difficiles.
Trois personnes avaient été hospitalisées après avoir inhalé des fumées. Parmi elles figurait Grégory Caron, 47 ans, occupant du logement dans lequel le feu avait pris naissance.
LA THÈSE DE L’ACCIDENT RAPIDEMENT ÉCARTÉE
Dans un premier temps, le quadragénaire avait expliqué aux policiers qu’il s’était endormi alors qu’il fumait une cigarette. Une version qui allait rapidement être remise en cause par les investigations.
Les enquêteurs ont notamment découvert une vidéo filmée par le prévenu lui-même, dans laquelle il se filmait en train de mettre le feu à un tas de détritus avant de publier les images sur les réseaux sociaux.
Autre élément troublant : Grégory Caron faisait l’objet d’une procédure d’expulsion pour des loyers impayés et devait quitter son logement le lendemain de l’incendie.
Quelques jours auparavant, le 25 juillet, il avait également tenté de s’immoler par le feu. Une tentative interrompue grâce à l’intervention d’un tiers.
À l’issue de son hospitalisation, l’homme avait été placé en garde à vue avant d’être placé en détention provisoire dans l’attente de son procès.
« JE N’AI PAS MIS LE FEU VOLONTAIREMENT »
À la barre, ce lundi, le prévenu a maintenu la thèse de l’accident.
Il a expliqué être rentré de courses, s’être installé sur son canapé et avoir fumé une cigarette avant de s’assoupir. Il affirme avoir été réveillé par l’explosion de briquets presque vides qu’il conservait dans son logement.
Il assure ensuite être allé prévenir un voisin et nie avoir volontairement déclenché l’incendie.
Concernant son expulsion prévue le lendemain, le prévenu a également contesté tout lien avec le sinistre, affirmant qu’il disposait de plusieurs solutions d’hébergement.
Il n’a en revanche pas fourni d’explication claire concernant la vidéo enregistrée puis publiée sur les réseaux sociaux.
LE TRIBUNAL RETIENT LA CULPABILITÉ
Déjà condamné pour des faits similaires quelques années auparavant, Grégory Caron est par ailleurs suivi pour une dépression et présente une consommation importante et régulière d’alcool.
Pour le ministère public, le prévenu n’a pas démontré de réelle prise de conscience de la gravité des faits.
« Il aurait pu tuer n’importe qui », a notamment rappelé le parquet à l’audience. Son chat est par ailleurs décédé pendant l’incendie.
Reconnu coupable, Grégory Caron a finalement été condamné à quatre ans d’emprisonnement, dont deux ans assortis d’un sursis probatoire avec obligation de soins. Il effectuera donc une partie ferme de sa peine en détention.
Le tribunal lui a également interdit de porter une arme pendant une durée de cinq ans.
Concernant les victimes de l’incendie, la question des dommages et intérêts sera examinée lors d’une prochaine audience, fixée au 8 février 2027.
