
Le 19 juin dernier, une course-poursuite particulièrement dangereuse avait éclaté dans les rues de la Vieille ville de Boulogne-sur-Mer. Au volant d’une BMW, un homme avait refusé d’obtempérer aux policiers avant de prendre la fuite à vive allure. Une policière avait même fait usage de son arme pour tenter de stopper le véhicule. Convoqué devant le tribunal ce mercredi, le conducteur devait répondre de plusieurs infractions.
Vendredi 19 juin, vers 22 h 12, une patrouille de police repère une BMW circulant à vive allure dans Boulogne-sur-Mer. Les fonctionnaires décident de procéder à un contrôle.
Mais le conducteur refuse de s’arrêter.
Il accélère et s’engage dans les rues de la Vieille ville. Selon les éléments de l’enquête, la BMW aurait circulé à une vitesse comprise entre 50 et 80 km/h dans des secteurs fréquentés, notamment à proximité de la rue de Lille.
UNE COURSE-POURSUITE QUI PREND UNE TOURNURE DANGEREUSE
La fuite se poursuit dans les rues étroites de la Vieille ville. Le véhicule finit par être gêné par une voiture particulière qui manœuvre dans le secteur de la rue d’Aumont.
Les policiers descendent alors de leur véhicule et tentent d’interpeller le conducteur.
Mais celui-ci redémarre.
Selon les éléments communiqués après les faits, les roues de la BMW sont alors orientées en direction d’une policière. Pour éviter d’être percutée, celle-ci fait usage de son arme et vise le pneu du véhicule.
Le tir atteint sa cible, mais ne suffit pas à immobiliser immédiatement la voiture. La policière doit se décaler pour éviter le véhicule.
La BMW poursuit malgré tout sa route.
Plusieurs équipages sont mobilisés. Au total, quatre véhicules de police participent à l’interception du conducteur, qui finit par être stoppé rue Camille-Enlart.
POSITIF À LA COCAÏNE
Une fois interpellé, l’automobiliste, âgé d’une quarantaine d’années et domicilié à Saint-Martin-Boulogne, est placé en garde à vue.
Les premiers dépistages révèlent une consommation de cocaïne.
L’homme est également déjà connu des services de police, notamment pour des faits de violences, d’outrages et de menaces.
Après sa garde à vue, il est présenté à un magistrat et placé en détention provisoire dans l’attente de son jugement.
Les faits qui lui sont reprochés comprennent notamment un refus d’obtempérer, une mise en danger de la vie d’autrui ainsi que la conduite après usage de stupéfiants.
La policière directement impliquée dans l’intervention avait, de son côté, déposé plainte pour mise en danger de la vie d’autrui. Elle avait également consulté un médecin à la suite de l’intervention.
UNE TRENTAINE D’ANXIOLYTIQUES AVANT DE PRENDRE LE VOLANT
L’audience a également permis de mettre en lumière un élément particulièrement inquiétant concernant l’état du conducteur au moment des faits.
Selon les éléments évoqués dans le dossier, l’homme aurait ingurgité une trentaine d’anxiolytiques avant de prendre le volant.
Cette consommation massive de médicaments s’ajoute ainsi à la consommation de cocaïne relevée lors de son interpellation.
Les anxiolytiques peuvent notamment provoquer somnolence, baisse de vigilance et diminution des capacités de réaction. Associée à la consommation de stupéfiants, une telle situation pouvait donc rendre la conduite particulièrement dangereuse.
UNE POLICIÈRE CONTRAINTE DE FAIRE USAGE DE SON ARME
L’un des éléments centraux du dossier reste l’usage de l’arme par la policière.
Le tir avait été effectué en direction du pneu de la BMW alors que le véhicule redémarrait en direction de la fonctionnaire.
Aucun policier ni aucun riverain n’a été grièvement blessé lors de cette course-poursuite. Plusieurs personnes présentes dans le secteur avaient néanmoins été exposées à une situation potentiellement très dangereuse.
Les enquêteurs avaient notamment appelé les personnes présentes dans les établissements et sur les terrasses au moment des faits à se manifester si elles estimaient avoir été menacées ou mises en danger.
LE CONDUCTEUR DEVANT LE TRIBUNAL
Après plusieurs semaines de procédure, le conducteur était donc convoqué ce mercredi devant le tribunal afin de répondre des faits qui lui sont reprochés.
Une soirée qui avait commencé par un simple contrôle routier s’est transformée en une course-poursuite au cœur de la Vieille ville de Boulogne-sur-Mer, avec plusieurs véhicules de police mobilisés et un tir effectué par une fonctionnaire.
Refus d’obtempérer, fuite, consommation de cocaïne et prise massive d’anxiolytiques : le dossier présente de nombreux éléments que la justice doit désormais examiner.
L’affaire rappelle surtout les conséquences potentiellement dramatiques de la conduite sous l’influence de stupéfiants ou de médicaments altérant la vigilance.
