
L’affaire prend une nouvelle dimension sur la Côte d’Opale. Après la mise en examen d’un professeur de sport soupçonné de viols, d’agressions sexuelles et de corruption de mineurs, un deuxième homme est désormais poursuivi dans le cadre de cette même enquête. Il est soupçonné de ne pas avoir dénoncé des crimes dont il aurait eu connaissance.
UNE PREMIÈRE VICTIME DONNE L’ALERTE
Tout commence le 25 mai 2026, lorsqu’une jeune femme contacte la Plateforme numérique d’accompagnement des victimes (PNAV).
Elle évoque des faits particulièrement graves qu’elle affirme avoir subis alors qu’elle était mineure. Selon ses déclarations, son professeur de sport serait ensuite devenu son entraîneur sportif.
Les faits dénoncés auraient été commis dans le Montreuillois, sur une période allant de ses 13 à ses 25 ans.
Les enquêteurs vont rapidement élargir leurs investigations. Au fil des auditions et des vérifications, six autres victimes potentielles sont identifiées.
Selon les éléments communiqués par la procureure de la République de Boulogne-sur-Mer, Cécile Gressier, les investigations portent notamment sur des faits d’agressions sexuelles et de corruption de mineurs qui auraient été commis entre 2007 et 2026.
LE PROFESSEUR PLACÉ EN DÉTENTION PROVISOIRE
L’enquête conduit les gendarmes jusqu’au principal suspect.
Le 10 juin 2026, l’enseignant est placé en garde à vue. Les investigations portent notamment sur des soupçons de viols sur mineurs de moins de 15 ans, de viols commis par une personne ayant autorité sur la victime, ainsi que sur des agressions sexuelles et des faits de corruption de mineurs.
Les enquêteurs s’intéressent également à la possible détention d’images ou de représentations pornographiques mettant en scène des mineurs.
Après sa garde à vue, l’homme est présenté à un juge d’instruction le 12 juin, dans le cadre de l’ouverture d’une information judiciaire.
Il est alors mis en examen conformément aux réquisitions du parquet, puis placé en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention.
S’il était reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés, il pourrait encourir jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle.
UN DEUXIÈME SUSPECT DANS LE VISEUR DE LA JUSTICE
Mais l’enquête ne s’arrête pas au professeur.
L’homme mis en cause exerçait également une activité d’encadrement sportif auprès de jeunes au sein d’un club de la Côte d’Opale.
Cette dimension sportive va conduire les enquêteurs à s’intéresser à l’entourage et à la hiérarchie de l’enseignant.
Le président de la ligue sportive régionale dans laquelle intervenait le professeur est à son tour inquiété par la justice.
Il a été présenté au parquet dans le cadre de soupçons de non-dénonciation de crimes.
Le responsable sportif a lui aussi été mis en examen par le juge d’instruction.
Contrairement au professeur, il n’a pas été placé en détention. Il a été laissé libre sous contrôle judiciaire.
Pour les faits qui lui sont reprochés, il encourt jusqu’à trois ans d’emprisonnement.
QUE SAVAIT-IL ET À QUEL MOMENT ?
C’est désormais l’un des enjeux majeurs de l’information judiciaire.
Les investigations devront notamment déterminer ce que le responsable sportif savait réellement, à quel moment il aurait pu en avoir connaissance et quelles démarches il aurait éventuellement entreprises.
La justice devra également établir avec précision la chronologie des événements et déterminer si d’autres personnes auraient pu être informées de situations susceptibles de constituer des infractions.
À ce stade, la mise en examen ne constitue pas une déclaration de culpabilité.
L’ENQUÊTE POURRAIT ENCORE ÉVOLUER
Placée sous l’autorité du juge d’instruction, l’enquête se poursuit.
Les enquêteurs devront notamment poursuivre les auditions des victimes et témoins potentiels, confronter les différents témoignages et rechercher d’éventuels nouveaux éléments permettant de comprendre précisément le déroulement des faits dénoncés.
L’existence d’autres victimes potentielles devra également être déterminée.
De son côté, l’Éducation nationale a suspendu l’enseignant dès le mois de juin, après avoir été alertée par les services de gendarmerie.
Une affaire qui pourrait donc encore connaître de nouveaux développements dans les prochaines semaines.
