BELGIQUE : 17 ANS DE PRISON POUR GRÉGORY LENOCI, UNE AFFAIRE QUI DIVISE LE PAYS

Le verdict est tombé. Grégory Lenoci a été condamné à 17 ans de prison pour tentative d’assassinat après avoir violemment agressé son voisin, qu’il soupçonnait d’avoir abusé sexuellement de son beau-fils. Une décision qui provoque de nombreuses réactions en Belgique.

UNE AGRESSION QUI AVAIT CHOQUÉ LA BELGIQUE

Les faits remontent au 24 juillet 2025, à Jambes, près de Namur. Grégory Lenoci avait invité son voisin à son domicile afin d’obtenir des explications au sujet de soupçons concernant son beau-fils, alors âgé de six ans.

L’enfant aurait raconté à son entourage un épisode présenté comme un « jeu secret ». Lenoci avait alors effectué des démarches auprès de la police avant de confronter directement son voisin.

La rencontre avait rapidement dégénéré. Le voisin avait été violemment frappé et retrouvé grièvement blessé et inconscient. Une partie de l’agression avait ensuite été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux.

UNE VICTIME LOURDEMENT HANDICAPÉE

Plus d’un an après les faits, les conséquences restent dramatiques.

Le voisin agressé aurait survécu, mais son état de santé demeure extrêmement lourd. Il se trouverait toujours dans un état semi-végétatif et vivrait désormais en institution.

Cette situation complique également les investigations concernant les accusations sexuelles qui avaient été formulées à son encontre.

UN PASSÉ JUDICIAIRE AU CŒUR DU DOSSIER

L’affaire est particulièrement sensible en raison du passé judiciaire de la victime.

L’homme avait déjà été condamné en 2020 pour des faits sexuels commis sur un mineur, avec une peine assortie du sursis.

De nouvelles accusations avaient par la suite été formulées à son encontre. Elles n’avaient toutefois pas abouti à une condamnation définitive avant l’agression de juillet 2025.

C’est précisément cet élément qui a alimenté le débat autour du dossier.

« NUL NE PEUT SE FAIRE JUSTICE LUI-MÊME »

Malgré les soupçons particulièrement graves, la justice a rappelé un principe fondamental : un particulier ne peut pas se substituer aux tribunaux.

Le tribunal a retenu la tentative d’assassinat, considérant notamment la préméditation et l’intention homicide.

Le parquet avait requis 17 ans de prison. La peine prononcée correspond donc aux réquisitions.

Grégory Lenoci est également soumis à une mise à disposition du tribunal de l’application des peines pendant dix ans, en plus de sa peine d’emprisonnement.

UNE DÉCISION QUI FAIT RÉAGIR

À l’annonce du verdict, la tension était particulièrement forte au tribunal de Namur.

Des personnes présentes dans la salle ont contesté la décision, certains estimant que la peine infligée à Lenoci était excessive au regard des soupçons concernant son voisin.

Sur les réseaux sociaux, les réactions sont également très partagées.

Pour certains, Lenoci a voulu protéger un enfant face à une situation qu’il jugeait insupportable. Pour d’autres, aucune circonstance ne peut justifier une tentative de meurtre.

UNE AFFAIRE QUI DÉPASSE LE SIMPLE FAIT DIVERS

L’affaire pose une question particulièrement sensible : jusqu’où peut aller la colère d’un parent lorsqu’il pense qu’un enfant a été victime d’abus ?

D’un côté, une famille confrontée à des accusations extrêmement graves concernant un enfant. De l’autre, une victime aujourd’hui lourdement handicapée et un homme condamné à 17 ans de prison pour avoir voulu se faire justice lui-même.

La justice belge a ainsi envoyé un message clair : même face à des accusations terribles, la vengeance personnelle ne peut remplacer la justice.

Mais le débat, lui, est loin d’être terminé.

Car derrière le verdict se cache une interrogation qui divise profondément la société belge : que faire lorsque des familles ont le sentiment que la justice ne protège pas suffisamment les enfants ?

C’est cette opposition entre protection des mineurs, colère des familles et principe de justice qui continue de faire de l’affaire Grégory Lenoci un dossier particulièrement sensible en Belgique.

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