
Un homme a comparu devant la justice après avoir envoyé plusieurs messages particulièrement virulents sur le téléphone personnel du président de la République, Emmanuel Macron. Dans ses écrits, il aurait notamment insulté le chef de l’État et tenu des propos considérés comme menaçants.
L’homme aurait notamment traité Emmanuel Macron de « trou du cul » et de « petite salope », avant d’ajouter dans un autre message : « Vos couilles sont inexistantes et votre intégrité déjà en enfer. »
Des propos d’une rare violence qui ont conduit leur auteur à devoir s’expliquer devant la justice.
« CE QU’IL EST EN TRAIN DE FAIRE À LA FRANCE »
Lors de son passage devant les magistrats, l’homme aurait tenté d’expliquer ses messages par son opposition à la politique menée par Emmanuel Macron.
Il aurait notamment déclaré vouloir poursuivre le président de la République pour « haute trahison », en réaction à « ce qu’il est en train de faire à la France ».
Une justification qui ne suffit toutefois pas à écarter la question de la responsabilité pénale liée aux messages envoyés.
La justice doit notamment déterminer la nature exacte des faits reprochés et leur qualification juridique, entre insultes, propos outrageants et éventuelles menaces.
LA « HAUTE TRAHISON », UN TERME QUI N’EXISTE PLUS DANS LA CONSTITUTION
L’argument avancé par le prévenu autour d’une supposée « haute trahison » nécessite également une précision.
Depuis la révision constitutionnelle de 2007, la Constitution française ne parle plus de « haute trahison » pour définir les conditions de destitution du président de la République.
L’article 68 évoque désormais un « manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat ».
Cette procédure de destitution est par ailleurs totalement distincte d’une plainte ou de poursuites engagées par un particulier.
DES MENACES CONTRE LE CHEF DE L’ÉTAT DÉJÀ SANCTIONNÉES PAR LA JUSTICE
Ce dossier intervient alors que plusieurs personnes ont déjà été poursuivies ces dernières années pour des menaces ou des propos extrêmement virulents visant Emmanuel Macron ou son entourage.
La justice rappelle régulièrement que la liberté d’expression permet de critiquer le président de la République, y compris de manière très sévère. Elle ne protège toutefois pas nécessairement les menaces ou certains propos injurieux lorsqu’ils dépassent les limites fixées par la loi.
Cette affaire illustre ainsi une nouvelle fois la frontière parfois ténue entre colère politique, liberté d’expression, injure et menace.
Le tribunal devra désormais se prononcer sur la responsabilité de cet homme et sur les conséquences judiciaires de ses messages adressés directement au chef de l’État.
