GILETS JAUNES : LA COLÈRE REMONTE EN FRANCE ET DES RASSEMBLEMENTS ONT BIEN EU LIEU CE SAMEDI

La journée de ce samedi 12 septembre 2026 marque un nouveau frémissement autour des Gilets jaunes. Alors que les prix des carburants dépassent à nouveau les deux euros le litre en moyenne, plusieurs rassemblements ont été organisés ou annoncés dans différentes villes françaises. Une mobilisation encore dispersée, mais qui commence à attirer l’attention des autorités.  

À PARIS, UNE MANIFESTATION ORGANISÉE DANS L’APRÈS-MIDI

À Paris, un rassemblement de Gilets jaunes était organisé ce samedi au départ de la place Jussieu, dans le 5e arrondissement. Les prises de parole ont débuté à 14h15, avant un départ prévu à 15 heures en direction de l’Hôtel de Ville.

Le parcours devait notamment passer par la rue Mouffetard, le quartier latin, les quais de Seine, l’île Saint-Louis et le pont Louis-Philippe, avec une arrivée annoncée place de l’Hôtel de Ville.

Les organisateurs revendiquent notamment un audit des finances publiques, un « Grenelle de la fiscalité », une hausse des salaires et des retraites ainsi que la mise en place d’un référendum d’initiative citoyenne.  

Les autorités avaient par ailleurs appelé à une vigilance particulière face aux rassemblements se réclamant du mouvement. Selon des informations rapportées ce samedi, les services de renseignement suivent notamment plusieurs canaux de mobilisation sur les réseaux sociaux.  

À BANDOL, LES GILETS JAUNES DE RETOUR SUR UN ROND-POINT

Dans le Var, un rassemblement était également organisé ce samedi matin au rond-point de Bandol.

Les participants étaient invités à se retrouver dès 10 heures autour des thèmes du pouvoir d’achat, de la justice sociale et du coût de la vie. L’appel se voulait également rassembleur, avec la volonté de réunir salariés, retraités, indépendants, agriculteurs, artisans et autres catégories de la population.

Le rassemblement de Bandol est particulièrement symbolique : les ronds-points avaient constitué l’un des principaux lieux de mobilisation des Gilets jaunes lors de leur naissance en 2018.  

À NANTES, LA QUESTION DU PRIX DES CARBURANTS AU CŒUR DE LA COLÈRE

À Nantes également, un rassemblement devant la préfecture a été annoncé ce samedi à l’initiative de la coordination des Gilets jaunes de Loire-Atlantique.

Les revendications portent notamment sur le prix des carburants, mais aussi sur le coût de l’énergie et de l’alimentation. Une nouvelle illustration d’une colère qui dépasse désormais la seule question de l’essence et touche plus largement au pouvoir d’achat.  

POURQUOI LES GILETS JAUNES REVIENNENT-ILS DANS LE DÉBAT ?

Le contexte économique rappelle, sur certains aspects, celui qui avait précédé l’explosion du mouvement en novembre 2018.

Le prix des carburants connaît actuellement une forte progression dans un contexte de tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Le diesel se situait autour de 2,23 euros le litre en moyenne le 9 septembre, selon les données citées par TF1.  

Cette hausse alimente une nouvelle inquiétude chez les automobilistes, notamment ceux qui dépendent quotidiennement de leur voiture pour travailler.

La comparaison avec 2018 est donc inévitable : à l’époque, l’augmentation du prix des carburants avait servi de déclencheur à une mobilisation devenue rapidement nationale.

UNE MOBILISATION ENCORE LOIN DE CELLE DE 2018

Pour autant, il serait prématuré de parler d’un véritable retour des Gilets jaunes.

Le mouvement reste aujourd’hui beaucoup plus éclaté. Il n’existe pas de structure nationale unique capable de coordonner les différentes initiatives et les appels circulant sur les réseaux sociaux ne se traduisent pas automatiquement par des rassemblements massifs.

RTL souligne ainsi que les appels actuels sont nombreux mais qu’il demeure difficile de mesurer leur capacité réelle à mobiliser dans la rue.  

En 2018, la première grande journée nationale avait rassemblé près de 300 000 personnes à travers la France. La situation actuelle est donc encore très éloignée de cette ampleur.  

LE 17 OCTOBRE, DATE QUI INQUIÈTE LE PLUS LES AUTORITÉS

Si le 12 septembre constitue un premier test, une autre date revient désormais avec insistance : le samedi 17 octobre 2026.

Des appels à une mobilisation nationale circulent depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux. Plusieurs grandes villes sont citées, parmi lesquelles Paris, Lille, Lyon, Marseille, Bordeaux, Nantes, Nice, Grenoble, Montpellier ou encore Perpignan.

Mais là encore, les autorités et les observateurs restent prudents : aucune organisation nationale des Gilets jaunes ne semble aujourd’hui en mesure de garantir une mobilisation comparable à celle de 2018.  

LE POLITIQUE S’INVITE DÉJÀ DANS LA COLÈRE SOCIALE

La question commence également à prendre une dimension politique.

Le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel, a appelé vendredi les Français à se mobiliser sur les ronds-points si le gouvernement ne prend pas rapidement de mesures concernant les prix de l’énergie.

Il a explicitement fait référence à la mobilisation de 2018 et appelé à des rassemblements devant les préfectures, les sous-préfectures et les lieux de pouvoir.  

De son côté, le gouvernement refuse pour l’instant de s’engager dans une baisse générale des taxes sur les carburants et privilégie des dispositifs ciblés. Une position qui pourrait alimenter davantage la colère si les prix continuent de progresser.  

LE SPECTRE DE 2018 EST-IL EN TRAIN DE RESSURGIR ?

Huit ans après la naissance des Gilets jaunes, le symbole du gilet fluorescent réapparaît donc progressivement dans l’actualité française.

Ce samedi 12 septembre, plusieurs rassemblements ont bien eu lieu ou étaient programmés, notamment à Paris et Bandol, tandis que d’autres initiatives émergent localement.

Mais le véritable test pourrait se jouer dans les prochaines semaines. Si la flambée des carburants se poursuit et que la colère liée au pouvoir d’achat s’amplifie, le 17 octobre pourrait devenir une échéance importante.

Pour l’heure, il ne s’agit pas encore d’un « retour des Gilets jaunes » comparable à 2018. Mais la colère, elle, est bel et bien de retour dans le débat public.

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