
Le 11 septembre 2001, à plusieurs milliers de kilomètres de la Côte d’Opale, les États-Unis sont frappés par une série d’attentats terroristes sans précédent. À Boulogne-sur-Mer, la journée commence pourtant comme une journée ordinaire sur le port.
Les bateaux, les marins, les salariés, les marchandises et les activités portuaires suivent leur cours.
Mais ce qui se passe ce jour-là à New York et Washington va progressivement transformer la sécurité des ports du monde entier — et notamment celle du complexe portuaire Boulogne-Calais.
AVANT LE 11 SEPTEMBRE : UN PORT OUVERT SUR LA MANCHE
Boulogne-sur-Mer est depuis des siècles une ville intimement liée à la mer.
Son port est au cœur de l’activité économique locale. Pêche, transformation des produits de la mer, commerce et transport maritime font vivre une partie importante du territoire.
La proximité du Royaume-Uni donne également au Boulonnais une dimension particulière.
La Manche est une véritable autoroute maritime et Boulogne constitue l’un des points stratégiques de cette façade maritime française.
En septembre 2001, personne n’imagine encore à quel point les règles de sûreté vont évoluer.
PUIS VIENT LE 11 SEPTEMBRE
Le 11 septembre 2001, quatre avions de ligne sont détournés aux États-Unis.
Deux percutent les tours du World Trade Center à New York.
Un troisième frappe le Pentagone.
Le quatrième s’écrase en Pennsylvanie.
Les images sont diffusées dans le monde entier.
En France, les chaînes de télévision interrompent leurs programmes.
À Boulogne-sur-Mer, les habitants découvrent eux aussi ces images qui vont marquer toute une génération.
Mais derrière le choc émotionnel apparaît rapidement une autre question :
Comment empêcher qu’une attaque comparable puisse viser d’autres infrastructures stratégiques ?
Et les ports font immédiatement partie des lieux concernés.
LA SÉCURITÉ PORTUAIRE CHANGE DE DIMENSION
Avant les attentats, la sécurité portuaire existe évidemment déjà.
Mais le 11 Septembre provoque un changement d’échelle.
Les ports internationaux doivent désormais intégrer beaucoup plus fortement la menace terroriste dans leur fonctionnement.
La sécurité ne concerne plus seulement les marchandises, les accidents ou les intrusions.
Elle doit également empêcher qu’un navire, une installation portuaire ou une zone stratégique puisse être utilisé dans le cadre d’une attaque.
Cette évolution va conduire à la création d’un nouveau cadre international.
LE CODE ISPS ENTRE EN SCÈNE
Après les attentats, l’Organisation maritime internationale adopte de nouvelles règles internationales de sûreté.
Le Code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires, connu sous le nom de code ISPS, entre progressivement en application à partir de 2004.
Son objectif est clair : renforcer la protection des navires et des installations portuaires contre les actes de malveillance et notamment la menace terroriste.
Pour les ports français, cela signifie de nouvelles procédures, de nouveaux contrôles et de nouveaux équipements.
Et Boulogne-Calais n’échappe évidemment pas à cette transformation.
CONTRÔLER DAVANTAGE LES ACCÈS
Dans les années qui suivent le 11 Septembre, les installations portuaires renforcent progressivement leurs dispositifs de contrôle.
L’accès aux zones sensibles est davantage encadré.
Les personnes et les véhicules peuvent être soumis à des contrôles plus importants.
La surveillance des installations est renforcée.
Des équipements spécialisés apparaissent également.
Le port renforce notamment ses dispositifs avec des scanners à bagages, des systèmes de détection d’explosifs, un contrôle accru des accès et une formation spécifique des personnels.
Autrement dit, le paysage portuaire va progressivement changer.
LA SURVEILLANCE DEVIENT UN ÉLÉMENT CENTRAL
Le changement ne se résume pas à installer des équipements.
C’est toute une organisation qui évolue.
Les personnels doivent être formés.
Les accès doivent être identifiés.
Les zones sensibles doivent être protégées.
Les procédures d’urgence doivent être définies.
La coopération entre les différents acteurs — port, services de l’État, forces de sécurité, entreprises et opérateurs — prend une importance nouvelle.
Le port devient ainsi un espace beaucoup plus contrôlé.
POUR BOULOGNE, UN CHANGEMENT PARTICULIÈREMENT IMPORTANT
La situation géographique de Boulogne-sur-Mer rend cette évolution particulièrement significative.
Face à l’Angleterre, au cœur de la Manche et dans une région où les activités maritimes occupent une place historique, le port est directement concerné par les nouvelles exigences internationales.
Le 11 Septembre ne signifie donc pas que le port boulonnais est soudainement devenu une cible.
Il signifie plutôt que la perception du risque change.
Désormais, les installations portuaires doivent être pensées également à travers le prisme de la sûreté et de la menace terroriste.
DES CONTRÔLES QUI VONT ENTRER DANS LE QUOTIDIEN
Pour le grand public, certaines évolutions deviennent particulièrement visibles dans les années suivantes.
Les contrôles sont plus nombreux.
Les accès sont davantage réglementés.
Certains espaces deviennent strictement réservés aux personnes autorisées.
Les bagages et véhicules font davantage l’objet de contrôles.
Ce qui pouvait auparavant sembler exceptionnel devient progressivement une partie normale du fonctionnement des infrastructures portuaires.
C’est l’un des héritages les plus concrets du 11 septembre 2001.
UN QUART DE SIÈCLE PLUS TARD
Vingt-cinq ans après les attentats, il est facile d’oublier à quel point les choses étaient différentes avant septembre 2001.
Pour les générations qui ont grandi après les attentats, les contrôles de sécurité semblent presque naturels.
Mais pour ceux qui ont connu le monde d’avant, la différence est considérable.
Le 11-Septembre a bouleversé la géopolitique mondiale.
Il a transformé le transport aérien.
Il a renforcé les contrôles aux frontières.
Et il a également profondément modifié la sûreté des infrastructures maritimes.
À Boulogne-sur-Mer, cette histoire s’est notamment écrite sur le port.
UNE JOURNÉE AMÉRICAINE AUX CONSÉQUENCES BOULONNAISES
Le 11 septembre 2001 n’a évidemment pas été un événement boulonnais.
Pourtant, ses conséquences ont fini par atteindre directement le territoire.
À plusieurs milliers de kilomètres de New York, les professionnels du port ont progressivement vu apparaître de nouvelles règles, de nouveaux contrôles et de nouveaux dispositifs de sûreté.
Le port de Boulogne-Calais allait entrer dans une nouvelle époque.
Une époque où la sécurité ne se pense plus seulement en termes de protection des personnes et des marchandises, mais aussi de prévention d’une menace terroriste internationale.
Et tout cela a commencé, en partie, avec les images diffusées partout dans le monde un certain 11 septembre 2001.
