
Carburant, alimentation, énergie, rentrée scolaire… Pour de nombreux ménages, les dépenses du quotidien deviennent de plus en plus difficiles à absorber. Alors que l’inflation repart à la hausse et que le pouvoir d’achat devrait reculer en 2026, le sentiment de ras-le-bol gagne du terrain.
La rentrée 2026 intervient dans un contexte économique particulièrement tendu. Après plusieurs années marquées par la hausse du coût de la vie, de nombreux Français ont le sentiment que leur budget reste sous pression, malgré le ralentissement de l’inflation observé ces dernières années.
Et les dernières données économiques ne sont guère rassurantes.
L’INFLATION REPART À LA HAUSSE
Selon les dernières données de l’Insee, les prix à la consommation ont augmenté de 2,4 % sur un an en août 2026, contre 2,1 % en juillet. Cette accélération est notamment liée à la remontée des prix de l’énergie et des produits pétroliers.
Le constat est encore plus marqué concernant l’énergie : les prix ont augmenté de 16,7 % sur un an en août. Les prix des produits frais ont également fortement progressé.
Autrement dit, même lorsque l’inflation globale semble contenue, certains postes particulièrement visibles dans le budget des ménages continuent de peser lourd.
PLUS DE 500 EUROS MANQUENT CHAQUE MOIS
Une récente enquête sur le pouvoir d’achat illustre cette inquiétude.
Selon le baromètre Cofidis, 42 % des Français citent le pouvoir d’achat comme leur principale préoccupation.
Plus inquiétant encore : 61 % estiment que l’inflation affecte fortement leur situation financière, tandis qu’une majorité anticipe une nouvelle baisse de leur pouvoir d’achat au cours des douze prochains mois.
L’étude estime également à 512 euros par mois la somme qui manquerait en moyenne aux Français pour vivre confortablement.
Face à cette situation, les arbitrages se multiplient. De nombreux ménages déclarent réduire leurs dépenses non essentielles et craignent de devoir encore davantage se restreindre.
CARBURANT ET ÉNERGIE : LE NOUVEAU POINT DE TENSION
Parmi les dépenses qui alimentent particulièrement le mécontentement figure le carburant.
Une large majorité des Français déclarent avoir constaté une hausse des prix à la pompe et une partie importante estime que cette augmentation pèse directement sur le budget du foyer.
Pour les automobilistes qui utilisent quotidiennement leur véhicule pour aller travailler, faire leurs courses ou accompagner leurs enfants, chaque hausse à la pompe se traduit directement par plusieurs dizaines d’euros supplémentaires sur le mois.
Dans les territoires ruraux et périurbains, où la voiture reste souvent indispensable, la question est particulièrement sensible.
UN POUVOIR D’ACHAT SOUS PRESSION
Le problème dépasse désormais la simple perception des consommateurs.
Les dernières prévisions économiques indiquent que le pouvoir d’achat des ménages pourrait reculer en 2026, dans un contexte de croissance économique très faible.
L’inflation pourrait également rester élevée en fin d’année, entretenant la pression sur les budgets.
Cette combinaison — prix qui progressent, revenus qui évoluent moins rapidement et économie au ralenti — nourrit le sentiment d’appauvrissement chez une partie de la population.
POURQUOI LES FRANÇAIS ONT-ILS L’IMPRESSION QUE TOUT AUGMENTE ?
Un paradoxe apparaît toutefois.
Les statistiques montrent une inflation nettement plus faible que lors de la crise de 2022-2023. Pourtant, les Français continuent de ressentir fortement la hausse du coût de la vie.
La raison est simple : les consommateurs sont particulièrement attentifs aux dépenses qu’ils effectuent régulièrement.
Alimentation, carburant, loyers, factures d’énergie, assurances ou encore abonnements sont autant de dépenses qui reviennent chaque mois.
Même lorsque l’inflation ralentit, les prix ne reviennent pas automatiquement à leur niveau d’avant-crise.
C’est précisément ce décalage qui alimente aujourd’hui une partie du sentiment de perte de pouvoir d’achat.
LA RENTRÉE ACCENTUE LA PRESSION
Le mois de septembre constitue également une période particulièrement difficile pour de nombreuses familles.
Fournitures scolaires, vêtements, transports, cantine, activités sportives ou culturelles : les dépenses s’accumulent en quelques semaines.
Pour les familles nombreuses ou les ménages disposant de revenus modestes, cette période peut rapidement devenir difficile à gérer.
L’allocation de rentrée scolaire représente ainsi un soutien important pour de nombreux foyers.
UNE COLÈRE QUI POURRAIT DE NOUVEAU S’EXPRIMER DANS LA RUE ?
Le risque, pour le gouvernement, est désormais de voir cette pression économique se transformer en colère sociale.
Après le mouvement des Gilets jaunes, déclenché notamment par la hausse du prix des carburants, la question du pouvoir d’achat reste extrêmement sensible en France.
Une nouvelle flambée importante du carburant, de l’énergie ou des produits de première nécessité pourrait rapidement raviver les tensions.
Pour de nombreux Français, le problème n’est plus seulement de constater que « les prix augmentent ».
C’est le sentiment de devoir constamment renoncer, comparer, économiser et repousser certains projets pour réussir à boucler les fins de mois.
LA COLÈRE MONTE-T-ELLE ?
À l’approche des prochains mois, le pouvoir d’achat pourrait donc redevenir l’un des principaux sujets de préoccupation dans le pays.
Entre prix de l’énergie, carburant, alimentation et dépenses du quotidien, le sentiment de vivre plus difficilement malgré des revenus qui progressent parfois demeure très présent.
Une situation qui pourrait peser lourdement sur le climat social français dans les prochains mois.
