« J’EN PEUX PLUS DU BICOT, DU NÈGRE… » : LES PROPOS CHOCS D’UN POLICIER MUNICIPAL DE CARCASSONNE

Une caméra-piéton aurait continué à enregistrer pendant près de six heures alors que les policiers pensaient l’avoir éteinte. Les conversations captées lors d’une patrouille en novembre 2025 contiennent une succession de propos racistes, misogynes, homophobes et complotistes. Une enquête a été ouverte.

C’est une vidéo qui provoque une vive polémique à Carcassonne. Le 6 novembre 2025, quatre policiers municipaux effectuent une patrouille nocturne dans la ville. Le chef d’équipe pense avoir éteint sa caméra-piéton. Mais l’appareil continue à enregistrer.

Pendant près de six heures, les conversations des agents sont ainsi captées. Des extraits de cet enregistrement ont été rendus publics, révélant des propos particulièrement graves.

DES PROPOS RACISTES À RÉPÉTITION

L’un des policiers, présenté comme le chef d’équipe, tient une grande partie des propos incriminés.

À propos de personnes croisées dans les rues de Carcassonne, il lance notamment :

« Ils roulent vite, ces bougnes, hein ? Hier, ils étaient sur un chameau, aujourd’hui une voiture… »

Plus tard, il déclare :

« J’en peux plus, en centre-ville, du bicot, du nègre, du nègre, du bicot, de l’Afghan… »

L’enregistrement contient également d’autres insultes visant des personnes noires, arabes ou étrangères.

« C’EST PEUT-ÊTRE UN MIGRANT, UN PETIT KIRIKOU »

Un autre passage particulièrement choquant intervient lorsqu’une automobiliste contacte les policiers après avoir indiqué avoir percuté un animal.

Alors que les agents évoquent la possibilité qu’une personne ait pu être renversée, le chef d’équipe répond :

« Non, c’est peut-être un migrant, un petit Kirikou. »

Il poursuit en imitant ensuite un accent africain et en caricaturant la situation.

DES PROPOS SUR LA GUERRE D’ALGÉRIE

Les conversations enregistrées abordent également la guerre d’Algérie.

En regardant une vidéo consacrée à cette période historique, l’un des policiers lâche notamment :

« Et alors ? On a niqué des bougnoules, on a niqué des bougnoules ! »

Il évoque ensuite les violences commises pendant la guerre et s’interroge sur la frontière entre les violences et la torture.

Ces propos font partie des passages qui ont suscité le plus de réactions depuis la révélation de l’enregistrement.

UNE THÉORIE COMPLOTISTE SUR BRIGITTE MACRON

La conversation ne se limite pas aux propos racistes.

Les policiers abordent également une théorie complotiste concernant Brigitte Macron.

L’un des agents affirme notamment :

« On essaye de cacher ça au monde entier. »

Des propos homophobes et transphobes sont également présents dans l’enregistrement.

DES PROPOS SUR UN POSSIBLE COUP D’ÉTAT

Au cours de la longue conversation, les policiers évoquent également des théories politiques et un possible coup d’État.

Ces différents passages pourraient faire l’objet d’analyses dans le cadre de l’enquête afin de déterminer précisément leur nature et leur éventuelle qualification juridique.

UN POLICIER ENGAGÉ AUPRÈS DU RN

L’affaire prend également une dimension politique.

Le policier présenté comme l’auteur de la majorité des propos était engagé bénévolement auprès du Rassemblement national.

Il avait notamment participé au service d’ordre lors d’un déplacement de Jordan Bardella à Carcassonne en février 2026.

À la suite de la révélation de la vidéo, le Rassemblement national a annoncé son exclusion ainsi que sa radiation du service d’ordre.

LE PARQUET OUVRE UNE ENQUÊTE

Le parquet de Carcassonne a confirmé l’ouverture d’une enquête concernant les propos tenus par les policiers municipaux.

Les investigations devront notamment permettre de déterminer les responsabilités individuelles et de vérifier si certains propos sont susceptibles de constituer des infractions.

Les personnes concernées restent présumées innocentes à ce stade.

LA MAIRIE ANNONCE DES MESURES

La municipalité de Carcassonne a condamné les propos enregistrés et annoncé des procédures disciplinaires à l’encontre des agents concernés.

La mairie rappelle que les faits remontent à novembre 2025, sous la précédente municipalité.

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a également annoncé un contrôle de la police municipale de Carcassonne.

SOS RACISME SAISIT LA JUSTICE

L’association SOS Racisme a également annoncé avoir saisi le parquet et déposé plainte.

L’association estime que la justice doit désormais faire toute la lumière sur les propos tenus et sur les circonstances dans lesquelles ils ont été enregistrés.

UNE AFFAIRE QUI DÉPASSE CARCASSONNE

La diffusion de cette vidéo a rapidement transformé une affaire locale en polémique nationale.

Les propos enregistrés ont provoqué de nombreuses réactions politiques et associatives.

Au-delà des propos eux-mêmes, l’affaire soulève désormais des interrogations sur le fonctionnement de la police municipale, la formation des agents, leur comportement en service et les éventuelles mesures qui auraient pu être prises avant que l’enregistrement ne soit rendu public.

L’enquête judiciaire devra désormais déterminer les responsabilités et les suites qui pourront être données à cette affaire.

Une caméra que les policiers pensaient avoir éteinte aura finalement enregistré plusieurs heures de conversations privées. La diffusion de ces images place aujourd’hui la police municipale de Carcassonne au cœur d’un scandale national.

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