
Le scandale prend une nouvelle ampleur à Perpignan. Après la diffusion de plusieurs heures d’images tournées clandestinement au sein de l’abattoir de la ville, les services de l’État ont décidé de suspendre l’autorisation permettant l’abattage rituel sans étourdissement.
Une décision prise alors qu’une nouvelle inspection de l’établissement doit permettre de déterminer l’ampleur des manquements dénoncés.
DES IMAGES QUI SUSCITENT L’INDIGNATION
L’association L214 affirme avoir tourné environ 5 h 30 d’images entre mai et juillet 2026 au sein de l’abattoir de Perpignan.
Les vidéos montrent, selon l’association, différentes scènes impliquant des bovins, des ovins et des porcs. L214 dénonce notamment des manipulations brutales, des coups portés à certains animaux ainsi que des situations dans lesquelles des animaux auraient présenté des signes de vie après leur mise à mort.
L’association a saisi le procureur de la République et déposé plainte contre l’exploitant de l’abattoir pour des faits qu’elle qualifie notamment d’actes de cruauté, de sévices graves et de mauvais traitements envers les animaux.
L’ÉTAT PREND DES MESURES
Face à la gravité des images, les services de l’État ont décidé de suspendre l’autorisation permettant la pratique de l’abattage rituel sans étourdissement.
Cette suspension concerne une dérogation particulièrement encadrée par la réglementation française. L’abattage avec étourdissement préalable reste le principe général, tandis que l’abattage rituel peut bénéficier d’une dérogation sous certaines conditions.
La préfecture des Pyrénées-Orientales a également annoncé une nouvelle inspection complète de l’abattoir.
UNE NOUVELLE INSPECTION PRÉVUE
Les services de la Direction départementale de la protection des populations doivent procéder à des contrôles approfondis afin de vérifier les conditions de fonctionnement de l’établissement et les éventuels manquements aux règles de protection animale.
Une inspection est annoncée pour les 31 août et 1er septembre, avec plusieurs agents mobilisés.
Les contrôles devront notamment permettre de déterminer si les faits dénoncés correspondent à des comportements individuels ou s’ils révèlent des dysfonctionnements plus importants au sein de l’établissement.
DES SALARIÉS MIS EN CAUSE
Deux salariés seraient également concernés par des mesures conservatoires prises à la suite de la diffusion des images.
L’enquête devra désormais établir précisément les responsabilités de chacun et déterminer si les faits susceptibles de constituer des infractions sont avérés.
L214 RÉCLAME LA FERMETURE DE L’ABATTOIR
L’association L214 demande pour sa part la fermeture de l’abattoir de Perpignan, estimant que les images révèlent des dysfonctionnements suffisamment graves pour justifier l’arrêt de l’activité.
Les autorités, elles, doivent désormais s’appuyer sur les résultats des inspections et de l’enquête pour décider d’éventuelles mesures supplémentaires.
Cette affaire relance également le débat national sur les conditions d’abattage, la protection des animaux et l’encadrement de l’abattage rituel.
À Perpignan, les prochains jours s’annoncent donc décisifs. Les conclusions des contrôles des 31 août et 1er septembre seront particulièrement attendues pour déterminer les suites qui seront données à cette affaire.
