INCENDIE DE DANNES-HARDELOT : LES PISTES SE PRÉCISENT, L’ENQUÊTE SE POURSUIT

LA VOIX DU NORD donne de nouvelles informations ce jeudi soir. Plus de 24 heures après le départ du feu, les sapeurs-pompiers étaient encore mobilisés ce jeudi soir dans les dunes et la forêt de Dannes et Hardelot. Le sinistre, qui a ravagé environ 180 hectares, est considéré comme le plus important incendie recensé sur la Côte d’Opale.

Sur le terrain, les secours poursuivaient les opérations de surveillance et de lutte contre les reprises de feu, notamment dans le secteur du mont Saint-Frieux. Plusieurs moyens aériens ont également été engagés en renfort au cours de la journée.

UNE ENQUÊTE OUVERTE CONTRE X

Face aux interrogations sur l’origine du sinistre, le parquet de Boulogne-sur-Mer a ouvert une enquête contre X. Le procureur adjoint de la République, Patrick Leleu, a indiqué que la piste d’un incendie volontaire ou involontaire impliquant des migrants était envisagée.

À ce stade, aucune garde à vue n’était en cours jeudi soir.

De son côté, le directeur de cabinet du préfet du Pas-de-Calais, Christian Vedelago, a affirmé que le feu n’était pas d’origine naturelle et qu’il avait débuté dans une zone utilisée comme base d’attente par des migrants. Entre 200 et 400 personnes auraient été présentes dans le secteur au milieu de la semaine.

DEUX EMBARCATIONS AU CŒUR DES INVESTIGATIONS

Selon des éléments d’intervention et des vidéos de particuliers consultés dans le cadre du récit rapporté, un attroupement de migrants et de gendarmes aurait été observé mercredi, peu avant 14 heures, à proximité de la plage de Dannes.

Dans un secteur situé à environ 500 mètres, deux embarcations destinées à une éventuelle traversée de la Manche vers le Royaume-Uni auraient été neutralisées.

Une première intervention s’est déroulée à proximité du ruisseau de Bronne. Dans un contexte décrit comme tendu entre les forces de l’ordre et plusieurs exilés, les gendarmes auraient utilisé une grenade lacrymogène. Selon les éléments rapportés par LA VOIX DU NORD, celle-ci aurait provoqué l’embrasement d’une embarcation, avant que les flammes ne se propagent aux dunes.

Concernant la seconde embarcation, plusieurs sources évoquent un départ de feu qui aurait été provoqué directement par des migrants.

Un autre départ de feu avait également été signalé vers 13h30 à proximité d’une habitation qui a ensuite été détruite par les flammes.

UNE VÉGÉTATION PARTICULIÈREMENT VULNÉRABLE

Si les circonstances précises des différents départs de feu restent à établir, les conditions météorologiques ont largement contribué à la propagation rapide des flammes.

La végétation, extrêmement sèche après plusieurs semaines de déficit hydrique, combinée à des températures élevées et à un vent favorable à la propagation, a transformé plusieurs départs de feu en un incendie de très grande ampleur.

L’enquête a été confiée à la brigade de recherches de la gendarmerie de Calais. Elle porte notamment sur les qualifications d’incendie volontaire et d’incendie involontaire résultant d’un manquement délibéré à une obligation de sécurité ou de prudence.

DES INCENDIES DÉJÀ SIGNALÉS CES DERNIÈRES SEMAINES

Le secteur de Dannes et Hardelot avait déjà connu plusieurs incendies de moindre ampleur ces dernières semaines. Selon les éléments rapportés, certains avaient détruit entre un et trois hectares de végétation.

Les enquêteurs devront désormais déterminer précisément l’origine de chacun des départs de feu, établir les circonstances dans lesquelles ils se sont produits et déterminer d’éventuelles responsabilités.

Alors que les pompiers restent mobilisés pour éviter toute reprise du sinistre, l’enquête se poursuit sur le terrain. Aucune conclusion définitive sur l’origine de l’incendie n’a, à ce stade, été établie par la justice.

Retour en haut