
Une situation qui suscite une vive indignation. À Orléans, une femme de 85 ans a passé six jours et cinq nuits sur un brancard aux urgences du CHU, faute de lit disponible. Épuisée par ses conditions de prise en charge, elle a finalement décidé de quitter l’établissement contre l’avis des médecins.
Nino-Anne Dupieux, ancienne élue municipale d’Orléans, avait été admise aux urgences le 18 juillet après avoir été victime d’une importante hémorragie. Âgée de 85 ans et dialysée depuis six ans, elle devait être hospitalisée.
SIX JOURS SANS OBTENIR DE CHAMBRE
Mais faute de place disponible, aucune chambre n’a pu lui être attribuée. L’octogénaire est ainsi restée six jours et cinq nuits sur un brancard, notamment dans un box sans fenêtre.
Elle raconte des nuits quasiment sans sommeil, l’inconfort permanent et une fatigue devenue de plus en plus difficile à supporter. Autour d’elle, d’autres patients attendaient également sur des brancards dans les couloirs des urgences.
Chaque jour, le personnel espérait pouvoir lui trouver une chambre, mais aucune place ne se libérait.
ÉPUISÉE, ELLE SIGNE UNE DÉCHARGE
Au bout du sixième jour, la femme de 85 ans décide finalement de partir. Elle demande à son mari et à l’un de ses fils de venir la chercher.
Malgré l’avis défavorable des médecins, elle signe une décharge et quitte l’hôpital pour rentrer chez elle.
L’ancienne élue dénonce aujourd’hui une situation qu’elle juge inadmissible et pointe les conséquences de l’engorgement hospitalier sur les patients comme sur les professionnels.
Elle tient cependant à ne pas mettre en cause les soignants. Bien au contraire, Nino-Anne Dupieux rend hommage aux médecins, infirmiers, internes et brancardiers qui se sont occupés d’elle, saluant leur humanité et leur professionnalisme malgré des conditions particulièrement difficiles.
LE CHU D’ORLÉANS RECONNAÎT DES TENSIONS
De son côté, la direction du CHU d’Orléans reconnaît des tensions concernant les capacités d’hospitalisation après le passage aux urgences.
Pour améliorer la situation, l’établissement prévoit notamment la réouverture de 42 lits de médecine entre septembre et novembre, représentant une augmentation annoncée de 6,1 % de la capacité en lits par rapport à 2025. Des recrutements supplémentaires sont également prévus.
Le témoignage de cette femme de 85 ans remet une nouvelle fois en lumière les difficultés rencontrées par certains services d’urgences durant la période estivale, lorsque le manque de lits et de personnel peut considérablement allonger les délais de prise en charge.
