
Le décès de Joris Laurencin, 21 ans, continue de susciter une vive émotion dans le Nord-Isère. Retrouvé sans vie le 13 juillet dernier près de son domicile à Châtonnay, le jeune homme se serait donné la mort. Pour ses proches, ce geste désespéré pourrait être directement lié à un harcèlement à caractère raciste qu’il aurait subi durant plusieurs années.
Depuis plusieurs jours, sa famille diffuse un appel à témoins largement relayé sur les réseaux sociaux. L’objectif est de recueillir des témoignages sur les événements survenus lors de la vogue de Saint-Jean-de-Bournay, le 30 juin, une soirée qui aurait profondément marqué le jeune homme.
Selon les déclarations de ses proches, Joris aurait été régulièrement la cible d’insultes racistes et d’humiliations en raison de ses origines algériennes. D’après son entourage, ces comportements auraient commencé plusieurs années auparavant avant de s’intensifier progressivement, affectant durablement son moral et sa confiance en lui.
Toujours selon la famille, un nouvel épisode d’humiliation se serait produit lors de la fête du 30 juin. Des personnes présentes auraient assisté à des insultes publiques et à des actes dégradants visant le jeune homme. Plusieurs témoignages commencent d’ailleurs à parvenir à la famille et à son avocate, qui souhaitent que toute la lumière soit faite sur les circonstances ayant précédé le drame.
Les parents de Joris ont décidé de déposer plainte pour harcèlement aggravé ayant conduit au suicide. Leur conseil demande également que les investigations soient menées avec la plus grande impartialité et sollicite un changement de service enquêteur afin d’écarter tout risque de conflit d’intérêts dans ce secteur où de nombreuses personnes se connaissent.
Décrit comme un jeune homme discret, travailleur et apprécié de ses proches, Joris Laurencin nourrissait de nombreux projets, notamment celui de devenir propriétaire de sa maison. Son décès a provoqué une immense vague d’émotion dans la région, où de nombreux habitants expriment leur soutien à sa famille.
L’enquête devra désormais déterminer si les faits de harcèlement dénoncés ont bien existé, leur ampleur et le rôle qu’ils ont pu jouer dans le passage à l’acte. À ce stade, les accusations relayées par la famille n’ont pas encore été établies par la justice, et les investigations se poursuivent.
Si vous ou une personne de votre entourage êtes confrontés à des idées suicidaires ou à une détresse psychologique, il est possible de contacter le 3114, le numéro national de prévention du suicide, accessible gratuitement 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
